mardi 21 mai 2019

Agoria - Drift

Agoria - Drift

Comme beaucoup d’artistes estampillés Electro / Techno, Agoria se plait à mélanger les genres et les influences dans son nouvel album. Le premier en 8 ans… et en 8 ans le son et les goûts évoluent très vite comme on pourra le vérifier en réécoutant Impermanence, le précédent LP.
Sur Drif, Agoria propose quel chose de plus mainstream que par le passé, s’ouvrait au rap et aux guitares dans un esprit assez proche de ce que peuvent proposer depuis toujours  les Chemical Brothers.
Et comme chez les mancuniens, le mélange des genres (electro, rock, pop, r’n’b, hip hop…) donne quelque chose de finalement très cohérent et de très réussi. Sans rien perdre de son talent de compositeur, le Lyonnais ouvre de nouvelles pistes en compagne de ses invités : Foebe Killdeer sur le très beau titre d’ouverte Embrace, Blasé sur single You’re Not Alone ou encore Jacques sur Scale (avec ses guitares très Pink Floydiennes)
Le producteur s’aventure sur des terrains qu’ils n’avaient jamais fréquentés jusqu’alors et ça fonctionne du premier au dernier titre, sans le moindre creux. 

Label : Sapiens Recordings / Virgin Mercury
Date de sortie : 26 avril 2019
Ecouter : spotify + deezer
Note : [8.2]
Critiques : Tsugi


mercredi 15 mai 2019

Mac DeMarco – Here Comes The Cowboy

Mac DeMarco – Here Comes The Cowboy

Ce n’est pas aujourd’hui que l’on va crier au génie ou à l’arnaque au sujet de Mac DeMarco. On connait ses qualités et ses défauts. On adhère ou pas à son style musical. On peut trouver super cool sa pop folk minimaliste façon slacker ou bien rester totalement de marbre face à ce dilettantisme musical. Une chose est sûre, Mac Demarco ne laisse pas indifférent d’autant que le garçon sait cultiver son image, avec un capital sympathie encore intact malgré le côté agaçant qui peut se dégager de sa musique.
Et ce n’est pas ce Here Comes The Cowboy qui va venir modifier notre opinion au sujet du Canadien. On appréciera (ou pas) sa nonchalance, sa désinvolture, sa mélancolie légère à travers des chansons faciles, toujours un peu monotones, mais toujours aussi charmantes et qui passeront le cap des trois écoutes pour qu’on soit bien décidé à se laisser porter par la douceur et le naturel d’un ensemble quand même fort agréable, malgré le service minimum qui est proposé.

Label : Mac’s Record Label
Date de sortie : 10 mai 2019
Ecouter : spotify + bandcamp + deezer
Note : [7.0]
Critiques : voir.ca

dimanche 12 mai 2019

Limousine – L'été suivant...



Quoi de plus tranquille et paisible que la musique de Limousine ?
En marge de leur travail de musicien pour Poni Hoax, Thomas de Pourquery ou Jeanne Added et de divers projets, David Aknin (batterie), Laurent Bardainne (saxophone, claviers), Maxime Delpierre (guitare) et Frédéric Soulard (claviers) se retrouvent à un rythme régulier pour donner vie à des musiques navigant entre jazz, pop trip-hop… et même reggae (Les amis de la pointe noire) comme on pourra s’en rendre compte avec ce 4e album studio dont le titre (en hommage au roman Bonjour tristesse de Françoise Sagan) et les musiques sont une invitation au farniente, à la positon horizontale et pourquoi pas à danser des slows (Valparaiso).
Avec ses allures de fausse BO – et dieu sait si le groupe s’y connait en la matière puisqu’ils ont récemment produit celle du film Deux Fils de Félix Moati –, L'été suivant... est un amour de disque aux ambiances nocturnes…. comme ne saurait plus en écrire Air.
Laissez-vous donc embarquer par les musiques envoûtantes de Limousine et faites vous votre film, surtout si vous êtes attiré par l’univers de David Lynch.

Label : Ekler’O’Shock
Date de sortie : 22 mars 2019
Ecouter : spotify + bandcamp +  deezer
Note : [8.0]
Critiques : France Musique


mercredi 8 mai 2019

Anderson .Paak – Ventura



D’album en album, Anderson .Paak continue de développer l’idée du rap r’n’b funk soul très stimulant. Il faut dire que depuis Venice en 2015, le Californien ne cesse de nous régaler avec des productions très soignées, aux sonorités chaudes et entrainantes, héritées à la fois de Michael Jackson, Steve Wonder, Prince et de grands noms de la Motown. Si le précédent album d’Anderson .Paak était assez contrasté et pas complètement convaincant, en tout cas pas à la hauteur de deux précédents et même du projet NxWorries en compagnie du producteur Knxwledge, mais malgré tout très intéressant, le protégé de Dr Dre revient cette fois avec un album plus direct, plus mainstream et bougrement attachant.
Entouré des chanteuses Brady, Jazmine Sullivan, Sonyae Elise mais aussi des légendaires André 3000 et Smokey Robinson, Anderson .Paak confirme son sens du groove inné et retrouve l’aisance qui s’était dégagée de Malibu en 2016.

Label : Aftermath/12 Tone Music, LLC
Date de sortie : 12 avril 2019
Ecouter : spotify + deezer
Note : [8.5]
Critiques : les oreilles curieuses

lundi 6 mai 2019

Dans la playlist du printemps 2019

Voici une sélection d'une vingtaine d'albums "coup de coeur" à écouter jusqu’au début de l'été, voire même après !



Des albums à retrouver en chronique sur BENZINEDes chips et du roséPop Revue Express, Possible Musics




Johnny Montreuil – Narvalos Forever
Jay-Jay Johanson – Kings Cross
H-Burns - Midlife
Big Thief – U.F.O.F.
Hyperculte – Massif Occidental
Astrobal – L'infini, L'univers Et Les Mondes
Max Jury - Modern World
Astrïd - A Porthole (I)
Death And Vanilla - Are You A Dreamer?
Aldous Harding - Designer
Gontard - 2029
Bastien Lallemant - Danser les filles
J.E. Sunde - J.E. Sunde
David Chalmin – la terre invisible
King Gizzard & the Lizard Wizard – Fishing for Fishies
Orouni – Partitions
Calexico and Iron & Wine - Years To Burn
Nev Cottee – River’s Edge
Jane Weaver – Loops In The Secret Society
Josephine Wiggs - We Fall
Damien Jurado - In the Shape of a Storm

D'autres viendront sans doute s'ajouter au fil des semaines.



dimanche 5 mai 2019

Johnny Montreuil – Narvalos Forever

Johnny Montreuil – Narvalos Forever
Salut l’gitan, salut l’manouche ! Lui, c’est Johnny Montreuil. Il vit dans une caravane, joue de la contrebasse et écume les bars pour chanter des petits bouts de vie d’une autre époque, d’un autre monde. Fan de Johnny Cash, mais aussi de Brel et Renaud, Johnny Montreuil a toutes caractéristiques du rocker des années 60, en blouson de cuir avec la banane, sauf que lui a une moustache comme Raymond Domenech dans les années 70 et et traine dans la banlieue Est d'un Paris d'une autre époque.
Entre Rockabilly, Country et Surf music, Johnny Montreuil chante la vie d’un ferrailleur, les embrouilles, la dèche, la prison, les filles, la glande, les coups au bar avec les copains, tout ça sur des rythmes endiablés et une gouaillé pas possible. Bien plus drôle que Mustang, Johnny Montreuil (sans doute un lointain cousin de Gérard Lambert) rappelle le Renaud des tout débuts ou un certain Jesse Garon avec ce deuxième album rempli d’histoires pleines d’authenticité et de tendresse.

Label : Les facéties de lulusam / L'Autre Distribution
Date de sortie : 26 avril 2019
Ecouter : spotify + youtube + deezer
Note : [7.5]
Critiques : la grosse radio


mercredi 1 mai 2019

Kelly Finnigan – The Tales People Tell

Kelly Finnigan – The Tales People Tell

On est décidément gâté depuis le début de l’année 2019 en matière de Soul. Après Lee Fields & The Expressions et son It Rains Love ou l’album de Durand Jones & The Explications, c’est au tour cette fois de Kelly Finnigan de nous régaler avec ce premier effort en solo très concluant.
Membre de The Monophonics, le chanteur pianiste propose une très belle production aux sonorités vintages, finalement assez classique, mais qui remplit parfaitement les cahiers des charges.
Album varié, pétri de musiques chaudes et cuivrées, The Tales People Tell nous fera vibrer (I’ll Never Love Again, Every Times It Rains) ou danser (I Called You Back Baby, Smoking and Drinking) dans un style rétro toujours aussi séduisant. James Brown et Marvin Gaye peuvent continuer de reposer en paix, leurs descendants continuent de faire le taf.

Label : Colemine Records
Date de sortie : 26 avril 2019
Ecouter : spotify + bandcamp + deezer
Note : [7.8]
Critiques : Les oreilles curieuses

mardi 30 avril 2019

Fred Pallem & le Sacre du Tympan – L'Odyssée Remix



On sait les musiques de Fred Pallem très évocatrices d’un certains cinéma des années 70 et très proches des musiques qui ont été composées par des gens aussi géniaux de Michel Magne ou François de Roubaix. On n’imaginait pas qu'elles puissent être aussi transposables en version dancefloor.
Sous l’impulsion de talentueux musiciens producteurs frenchies (Yuksek, Forever Pavot, Ojard, Domotic, Don Turi…), L'Odyssée se transforme alors en une redoutable machine à danser sur une bonne moitié du programme proposé. Mieux que ça, cette "relecture" permet à Julien Gasc d’imaginer la superbe Chanson de l'Odyssée…à partir du morceau initial, L'Odyssée, qui n'existait que sous sa forme instrumentale et qui prend ici une dimention étonnante. 
Une belle surprise donc que ce titre et cet album de remixes... exercice si souvent casse-gueule mais ici parfaitement exécuté, qui pourrait inciter, sait-on jamais, Fred Pallem à produire un jour un album entier de chansons.

Label : Train Fantome
Date de sortie : 17 mars 2019
Ecouter : spotify + bandcamp + deezer
Note : [8.2]
Critiques : ...


lundi 29 avril 2019

Jay-Jay Johanson – Kings Cross

Jay-Jay Johanson – Kings Cross

Le morceau d’ouverture est un modèle du genre : quelques boucles minimalistes, limite ambient music, et la voix de Jay-Jay Johanson. Rien de plus. Et nous voilà littéralement envoûtés par la beauté de ce Not Yet Time cotonneux, enveloppant et terriblement accrocheur qui vient ouvrir de la plus belle des manières ce nouvel album.
La suite (Smoke, Swift Kick in The Butt) montre un Jay-Jay Johanson revenant à ses premiers amours quand il travaillait essentiellement avec samplers et boites à rythmes, à la fin des années 90, au temps des inoubliables Whisky ou Poison. Après avoir mis en avant le piano sur ses dernières productions avec des morceaux souvent très dépouillés, il revient ici à des arrangements plus conséquents.
Installé à Bruxelles, le Suédois propose une musique qui transpire plus que jamais la mélancolie avec des compositions où le jazz et le trip-hop se mélangent pour évoquer Chet Baket (Everything I Own) ou alors Massive Attack (Dead end Playing).
On se laisse porter par Old Dog, on danse au son de Heard Somebody Whistle, on retrouve la voix de Jeanne Added sur une tonalité très "Jay-Jay" (Fever), pour finir en pente douce ce 12e album qui fera partie des bons crus de la discographie du suédois qui compte à vrai dire très peu de déceptions.

Label : 29 Music
Date de sortie : 19 avril 2019
Ecouter : spotify + deezer
Note : [8.5]
Critiques : froggysdelight


samedi 27 avril 2019

Nick Waterhouse – Nick Waterhouse

Nick Waterhouse – Nick Waterhouse

Depuis quelques albums maintenant, on cerne parfaitement le style de Nick Waterhouse qui mélange Surf music, Soul jazz, rock et rhythm’n’blues avec un talent fou. Pour ce 4e album, le Californien aux faux airs de Buddy Holly qui cultive le look rétro avec soin a encore mis les bouchées doubles pour nous servir un album aux rythmes chauds et endiablés.
Entouré de pointures dont le producteur Paul Butler, Nick Waterhouse, en véritable virtuose de la guitare mais sans être pour autant très démonstratif, régale comme jamais avec cette suite de titres terriblement groovy que l’on reprendra en chœur avec bonheur.
Pas besoin de se plonger dans les vieilleries des années 50 et 60, Nick Waterhouse en propose une version actualisée et totalement irrésistible et fait plus que rivaliser avec les pointures du genre aujourd’hui pour la plupart disparues.
Une vraie gourmandise, un disque rempli de délicieuse nostalgie et de bonnes vibrations à côté duquel il serait dommage de passer.

Label : Innovative Leisure
Date de sortie : 8 mars 2019
Ecouter : spotify + bandcamp + deezer
Note : [9.0]
Critiques : fanfare pop

lundi 22 avril 2019

Late Night Tales : Floating Points



Malgré les années qui passent, la série Late Night Tales continue d’être passionnante et de révéler des sélections toujours riches de (re)découvertes. La raison à cela tient sans doute dans le choix des artistes sélectionnés pours les mixes. Il faut dire qu’on a été gâté au cours de ces dernières années : David Holmes, Agnes Obel, Nils Frahm, Ólafur Arnalds, BadBadNotGood et cette fois Floating Points (auteur du superbe Elaenia en 2015) en guise de selector pour ce nouveau volume. 
Et Sam Shepherd nous a concocté une playlist de choix avec des morceaux jazz, folk, ambient et soul de première bourre avec notamment deux titres oubliés du français Alain Bellaïche de 1976, et autres trouvailles de derrière les fagots. Un régal !

Label : Late Night Tales
Date de sortie : 29 mars 2019
Ecouter : spotify + bandcamp + deezer
Note : [8.5]
Critiques : Goute mes disques





dimanche 21 avril 2019

Drugdealer – Raw Honey

Drugdealer – Raw Honey

Michael Collins, l’ex Salvia Plath, poursuit son aventure en compagnie de Sasha Winn et Shags Chamberlain avec le projet Drugdealer, dans lequel il propose des chansons psyché-pop 60’s légèrement surannées et très mélodieuses qui avaient séduit sur End of Comedy en 2016.
Il reprend ici pour ainsi dire la même recette avec ce Row Honey dans lequel on retrouve  Harley Hill-Richmond (Lonely) et Dougie Poole (Wild Motion) mais aussi et surtout la chanteuse Weyes Blood (Honey) dont la cote ne cesse de grimper depuis quelques temps.
Sur cette novelle galette, Drugdealer déroule une suite de titres où il convoque à nouveau les fantômes de John Lennon, mais aussi ceux de Steely Dan pour un résultat fort plaisant.
Un ensembe tout plein de jolie harmonies et de délicatesse, rempli de titres aux allures de Sunshine Pop avec en plus quelques influences Californiennes 70's.

Label : Mexican Summer
Date de sortie : 19 avril 2019
Ecouter : spotify + bandcamp + deezer
Note : [7.5]
Critiques : Rolling Stone